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Jean-Pierre est né le 30 août 1779 de Jean-Baptiste, Maître Menuisier, et de Marianne Cavailhès. Il est baptisé le lendemain 31 août 1779 en l’église Saint Salvy d’Albi. Son parrain est Jacques Bounhiol, son oncle, aussi Maître Menuisier, et sa marraine est sa tante Marguerite Bounhiol. Il n’a qu’une sœur, Catherine, née en 1782 et décédée à l’âge de 6 ans en 1788.


A la suite de son père, Jean-Pierre devient lui aussi Maître Menuisier.


En 1808, il épouse Marie, Jeanne Boyer, avec laquelle il aura quatre enfants dont les trois premiers, Jean Pierre Félix, Didier Jean-Pierre et Rose Marie décéderont précocement à moins de 1 mois et le quatrième, Pierre Raymond Ambroise, né en 1814, épousera Jeanne, Marie, Cécile Monestié en 1842, mais décédera 3 mois plus tard, sans descendance. Son décès engendrera par la suite un procès entre son père Jean-Pierre et sa veuve Cécile Monestié, cette dernière étant soupçonnée de s’être « emparée » d’un portefeuille contenant divers effets pour un montant de 8.500 Francs. A titre de comparaison, un accord survenu après le décès d’Ambroise accordait à sa veuve une rente annuelle de 500 Francs, que la famille Bounhiol paiera jusqu’au décès de Cécile le 14 mai 1897 (soit pendant 55 ans). Le procès se terminera vraisemblablement par un partage des titres à parts égales.


Le 28 juin 1813, Jean-Pierre, déjà propriétaire de la maison située sur l’arrière de la cour,  fait l’acquisition pour la somme de 8.000 Francs, auprès de Maître Gardès-Trusse, de la maison au 21 rue de Verdusse. C’est dans cette maison, au rez-de-chaussée qui possède un grand magasin, qu’il établira plus tard son commerce de quincaillerie et deviendra alors Marchand Quincaillier.


En 1815, alors Grenadier dans la cohorte d’Albi de la Garde Nationale, Jean-Pierre se voit accorder la Décoration du Lis par le Duc d’Angoulême lors de la revue du 7 décembre.


Marie, Jeanne Boyer décède à 32 ans en 1816. Jean-Pierre se remarie en février 1817 avec Cécile, Jeanne, Françoise Andorre de 13 ans sa cadette. De ce second mariage naissent six enfants dont seuls trois survivront : Salvi né en 1818, Jean Salvi Charles né en 1827 et François Jacques Henri né en 1828.


En 1822, Jean-Pierre achète pour 3.000 Francs, à Françoise Albouy, une pièce de terre d’environ 2,6 hectares située au lieu dit Carlusset. Ces terres seront par la suite louées ou revendues par les héritiers et une partie sera donnée à la ville en vue de l’établissement du Boulevard Alsace-Lorraine, un moment dénommé Boulevard Michel-Bounhiol.


Jean-Pierre décède à Albi en son domicile de la rue de Verdusse, le 16 novembre 1860, à l’âge de 81 ans, un an après son épouse.


Le partage effectué lors de la succession de Jean-Pierre nous donne l’état des biens alors en sa possession. Outre la maison de la rue de Verdusse et la métairie de Carlusset, les héritiers doivent se partager un terrain à Lascamps (Rudel) comprenant deux vignes et une maisonnette, une vigne sur les côteaux de Saliès au lieu-dit Séoux et une métairie située à Puygouzon, le tout pour la somme de 78.000 Francs auxquels il faut ajouter les avances faites à ses trois enfants de son vivant portant le montant de la succession à 116.000 Francs. A titre de comparaison, le salaire moyen pour un ouvrier est à la même époque de 2,45 Francs par jour. La métairie de Carlusset restera en indivision entre les trois frères. Pour le reste, Salvi recevra la maison de la rue de Verdusse, Charles les vignes de Lascamps et Henri la vigne de Séoux. La métairie de Puygouzon sera quant à elle vendue, et son prix sera réparti entre les héritiers de façon à ce que chacun reçoive une part égale de l’héritage.


On le voit, Jean-Pierre a su mener ses affaires, au point qu’à la veille de la Révolution de 1848 qui mettra en place le suffrage universel masculin, il figure sur la liste des électeurs du Canton d’Albi. Rappelons qu’à cette époque, malgré la Révolution de 1789, le suffrage est alors censitaire : seuls les citoyens payant un certain niveau d’impôt ont le droit de vote. Depuis 1830, le minimum a été ramené de 300 à 200 Francs. Avec un impôt variant de 315 à 474 Francs, Jean-Pierre est donc, entre 1837 et 1847, l’un des 290 électeurs du Canton d’Albi qui compte alors environ 25.000 habitants. Il faut toutefois relativiser le niveau de « fortune » de Jean-Pierre. A la même époque de nombreux Albigeois, propriétaires ou commerçants par exemple, payent un impôt supérieur à 1.200 Francs, et pour certains, plus rares, à 2.000 Francs.  Ceci permet d’imaginer leurs niveaux de fortunes et de revenus.

Maître Menuisier  Marchand Quincaillier Jean-Pierre Bounhiol  (1779-1860)